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23 mars 2020

Branle-bas de combat des industriels régionaux pour produire des «boucliers de protection» par impression 3D

Une véritable force d’intervention est en train de se constituer pour produire les équipements de protection dont manquent le personnel soignant durant la crise sanitaire du coronavirus. Après avoir lancé un test de masque chirurgical par impression 3D, l’entreprise rémoise 3D Morphoz a réalisé un « bouclier de protection » en plexiglas. Porté en plus d’un masque chirurgical, il est censé protéger le visage du personnel soignant d’éventuels postillons de personnes porteuses du virus, et ce, en dehors des salles de réanimation. « Nous avons réalisé un prototype d’après un fichier open source (NDLR : libre de droits) que nous avons remis au CHU de Reims ce lundi. Le CHU doit l’étudier et revenir vers nous », explique Mehdi Sellami, gérant de 3 Mophoz.

Pour passer du prototype à la production, un groupe informel d’acteurs de l’impression 3D s’est fédéré ces jours derniers autour de Renaud Mignolet, président de 3D Métal Industrie, consortium de Charleville-Mézières, constitué par des industriels pour la production de moules en sable pour la fonderie. « Des acteurs nous rejoignent de toute la France. Nous allons en quelques jours mettre sur pied une usine numérique », se réjouit M. Mignolet.

L’idée est que des centres d’impression dispersés sur le territoire puissent produire des pièces de boucliers. L’assemblage aurait lieu dans des « îlots » travaillant en confinement, sans contacts extérieurs. « Il pourrait y avoir des îlots à Charleville, Reims, Troyes ou Metz », indique Renaud Mignolet. Des industriels de toutes spécialités sont en train de rejoindre la dynamique.

Les imprimeurs 3D cherchent à simplifier les plans de leur prototype pour faciliter la fabrication en série. Mais il se pose une question d’approvisionnement en matière première. « Il faut que nous trouvions du plexiglas et des élastiques adaptés », précise Mehdi Sellami. La communauté pourrait être aidée par l’association des acheteurs publics (ARSEG) qui viennent de constituer eux aussi un groupe d’aide en vue de soutenir les services hospitaliers.

Si les imprimeurs 3D n’ont pas l’intention de faire payer leurs services, ils recherchent des moyens de financer la matière première.

L’une des solutions peut venir du ministère de la Défense qui a lancé le 19 mars un « appel à projets de solutions innovantes pour lutter contre le COVID-19 » doté d’une enveloppe de 10 millions d’euros. « Nous pouvons déposer un dossier » estime Emmanuel Chochoy, ambassadeur « Invest in Reims », qui active ces jours-ci ses réseaux sur le front de la solidarité.

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// Source et article complet : l'Union du 23/03/20 - photo crédit France 3

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